Ciné-concert : Au Bonheur des Dames renaît à Cabrières d’Aigues

Ciné-concert : Au Bonheur des Dames renaît à Cabrières d’Aigues

Entrée libre – Dans la limite des places disponibles
Lundi 8 décembre à 20h30 – Salle polyvalente de Cabrières d’Aigues
Avec le cinéma itinérant Le Cigalon

Le chef-d’œuvre de Julien Duvivier, Au Bonheur des Dames (1930), sera projeté à Cabrières d’Aigues dans une version accompagnée en direct par le musicien Guigou Chenevier. Un rendez-vous rare qui mêle patrimoine cinématographique et création musicale contemporaine.

Un film visionnaire, toujours actuel

Adapté du roman éponyme d’Émile Zola (1883), le film suit le destin de Denise, jeune provinciale orpheline venue s’installer chez son oncle Baudu, petit commerçant au caractère ombrageux. Son échoppe de tissus, typique du Paris des années 1860, vacille face à l’ouverture du grand magasin moderne Au Bonheur des Dames, dirigé par l’ambitieux Octave Mouret.

Lorsque Denise trouve du travail chez ce concurrent flamboyant, les tensions familiales et sociales s’exacerbent. Duvivier y dépeint avec une étonnante modernité l’effondrement d’un monde ancien, menacé par l’essor de la consommation, du capitalisme et des « temples de la tentation », comme le décrivait déjà Zola.

Le réalisateur, pionnier dans l’usage des effets visuels, joue sur les superpositions d’images, les atmosphères troubles et les scènes de foule pour accentuer la violence du progrès. Le propos, lui, résonne encore fortement aujourd’hui : domination masculine, exploitation des femmes au travail, harcèlement psychologique et sexuel… Bien avant l’ère #MeToo, Duvivier dressait un portrait sans concession d’un système patriarcal où Denise ne doit son émancipation qu’à sa détermination et à son refus de céder.

Une création musicale originale, deux ans de travail

La projection sera portée par une musique créée et interprétée en direct par Guigou Chenevier (sampler, synthétiseur, claviers, mélodica, marimba, plaque amplifiée, percussions et objets). Le compositeur a consacré deux années à écrire cette partition, véritable relecture de l’œuvre de Duvivier et de Zola.

Ici, presque aucune place pour l’improvisation : chaque atmosphère a été soigneusement pensée pour servir au mieux l’intensité du film. Les compositions, puisant aussi bien chez Chostakovitch que chez Pink Floyd, dans les flonflons du bal musette ou dans le jazz des années 1930 de Fletcher Henderson, offrent un accompagnement puissant, moderne et profondément sensible.

Un événement à ne pas manquer

Ce ciné-concert promet une immersion unique dans l’un des films les plus innovants du cinéma des années 1930, sublimé par une création musicale exigeante et inspirée. Une soirée culturelle rare, où l’histoire du cinéma rencontre la création contemporaine.

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